Si on se réfère au seuil européen (880 euros par mois), ce sont 7,9 millions1 de personnes qui vivent dans la pauvreté. Ainsi, «une variation relativement faible du seuil retenu (147 euros par mois) a pour conséquence un doublement du nombre de personnes considérées comme pauvres. Cela illustre […] la grande précarité d'une large partie de la population, pour qui le moindre incident peut signifier le basculement vers une situation de pauvreté.»²
L'Association Nationale de Développement des Épiceries Solidaires, A.N.D.E.S, a pour objectif, à travers les épiceries qu'elle rassemble, de promouvoir l'accès des personnes en difficulté à une véritable citoyenneté économique : en permettant à un public exclu des circuits de consommation traditionnels de choisir les produits qu'il souhaite consommer, en vendant, à un faible prix, des denrées de qualité ; en proposant des activités où les compétences de chacun sont mises en avant, les épiceries solidaires et sociales se veulent, au-delà d'une aide matérielle, un outil de reconstruction et un tremplin vers une réinsertion durable.
Est-ce que les "pauvres", les personnes qui sont en situation d'exclusion, ont seulement le besoin de se nourrir, de ne pas mourir de faim, ou faut-il dépasser cette approche pour établir la question du choix dans l'alimentation et plus généralement dans la consommation, donc aussi la question du plaisir. Choix et plaisir de consommer comme condition nécessaire pour se sentir vraiment une personne, un être vivant, un être digne. En posant cette question, nous posons la question de la nature de la pauvreté et de l'exclusion sociale. Est-ce que la pauvreté c'est seulement être privé de revenus, ou faut-il considérer avec un certain nombre d'économistes que la pauvreté c'est également et surtout être privé de liberté réelle.
Mots-clés : aide alimentaire, épicerie solidaire, épiceries sociales, exclusion sociale, ANDES
























